LITHIA - Résidence Radio Art

Πnode inaugure son programme de résidences Radio-art avec la production du projet de recherche Lithia de Marie Lechner, en 2023-2024 à Mulhouse dans les studios Ivan Chabanaud à Motoco et alentour.

Le sujet du lithium en Alsace et la volonté de faire « parler » les sous-sols via les ondes ouvre un passionnant terrain d'expérimentation qui a retenu toute l’attention de Πnode, d'autant que les techniques de prospection utilisées par les acteurs industriels du lithium dans les saumures thermales, recourent elles aussi à des ondes (physiques).

La résidence prend la forme d'une recherche-enquête de terrain et multiplie rencontres et collaborations avec artistes et praticiens de la radio, pouvant donner forme, selon les contextes, à une forme radio-documentaire, à des interventions artistiques et sonores performatives ciblées, utilisant la radio comme media, ou bien, à des dispositif de type installation muséale, permettant de rendre compte de l'enquête.

Cette proposition résonne avec l'envie de π-Node d'expérimenter et de faire expérimenter de nouvelles formes d'ondes, notamment au travers du projet Radio Souterraine* qui sera mobilisé par endroits des recherches et actions culturelles envisagées.

Sur le Lithium en Alsace

Il est l'« or blanc » qui va remplacer l'« or noir », la promesse d'un avenir électrique et décarboné. Métal alcalin indispensable à la construction des batteries, le lithium apparaît comme un élément clé de la « transition énergétique ». En 2020, il a rejoint la liste des 30 matières premières critiques, cruciales pour l'économie européenne. Ses enjeux sont multiples, environnementaux, sociaux et géopolitiques.

La plupart du lithium nous vient de la nuit des temps, formé dans la fournaise du Big Bang, durant les premières minutes de la formation de l'univers. Dans son nom même, le lithium porte en lui l'environnement dont il est issu. En 1817, Johan August Arfwedson l'a nommé d'après le grec líthos, qui signifie pierre, parce qu'il n'avait pas d'abord été trouvé dans de la matière organique mais dans un minerai provenant d'une petite île de Suède, Utö.

Avant de devenir l'élement essentiel au développement d'une économie verte, le lithium est d'abord utilisé pour ses vertus curatives. À la fin du XIXe siècle, de prestigieuses stations thermales sont sorties de terre alimentées par des sources minérales riches en lithium, dont les célèbres Lithia Springs aux Etats-Unis, Carlsbad en République Tchèque, ou Baden-Baden en Allemagne, considérés comme de véritables centres de réjuvénation. Le 1er juin 1862, L'Illustration de Bade, journal littéraire et artistique de la vallée du Rhin et de la Forêt Noire, relate les récentes découvertes de chlorure de lithium dans les eaux de Baden-Baden et vante son action pour combattre la pierre, la gravelle et la goutte chronique.

En Alsace, les Grandes Sources Minérales de Watwiller commercialisent en 1924 l'eau gazéifiée provenant de sa source lithinée sous la marque Lithia, cependant qu'aux Etats-Unis, est mis sur le marché cinq ans plus tard le celèbre soda 7 UP, dont la formule initiale contenait également du citrate de lithium, censé améliorer l'humeur. Un argument de vente pour cette boisson autrefois appelée Lithiated Lemon Soda, lancée au moment du krach boursier de 1929, lorsque l'Amérique bascule dans la Grande Dépression. Premier médicament efficace contre la maladie mentale, le lithium inaugure également la naissance de la psychopharmacologie moderne : un médicament bon marché et particulièrement efficace pour traiter les troubles bi-polaires, comme a pu l'observer le psychiatre australien John Cade, auteur d'un article influent en 1949 dans lequel il rapportait l'étonnante efficacité des sels de lithium dans le traitement de la manie aiguë.

Programme de la résidence

24 février 2024 : Journée d'édude à la Kunsthalle, Mulhouse
25 février 2024 : Balade psychogéographique sur le Lithum en Alsace
26 février au 1er mars 2024 : Workshop Radio Art & Lithium

À propos de Marie Lechner

Marie Lechner est autrice, et commissaire d'expositions. Elle enseigne actuellement à L’École Supérieure d’Art et de Design d’Orléans et à l'Ecole Nationale Supérieure d'Art et de Design à Paris. Elle a été programmatrice à la Gaîté Lyrique, institution culturelle dédiée à la musique et aux arts numériques, où elle était notamment en charge du Laboratoire, un programme de rencontres, dédié aux croisements entre art, technologie et société, qui mêlait performances artistiques, conférences de chercheurs, débat public et différents formats expérimentaux d'expositions et d'ateliers, notamment : Afrocyberféminismes avec la commissaire Oulimata Gueye, New Kids on the Blockchain avec les chercheurs Anthony Masure et Clémence Seurat, Et bien dansez maintenant ! avec les artistes Jeff Guess et Julien Prévieux.

RÉSIDENCES ΠNODE RADIO-ART MULHOUSE

Lithia s'inscrit dans le programme de résidences Radio-art de Πnode: soutenir la création artistique, sonore et radiophonique expérimentale, en mettant à disposition de ces pratiques artistiques un outil de production adapté, un lieu de travail et des savoir-faire, mais aussi ses antennes, ses capacités de transmission et son autorisation de diffusion sur les ondes.

Bénéficiant d’un lieu équipé, de matériel et d’un savoir-faire, d’une expérience unique en Europe, Πnode souhaite ouvrir son studio mulhousien à des artistes, ou à des artistes-chercheurs, pour y développer des créations originales, et travaillant sur les dimensions spécifiques, historiques et culturelles du territoire du Grand-Est, à la jonction avec l'Allemagne et la Suisse. Cette résidence offre ainsi une nouvelle opportunité d'échanges culturels entre ces trois pays et d’autres plus largement.

SOUTIENS

La résidence Lithia est soutenue par la Région Grand Est, dans le cadre des Résidences Mission de Territoire.