Sciences & Fictions

Depuis 2018, Manuela de Barros invite des artistes, des théoricien.ne.s et divers.e.s acteur.e.s de l’art à venir parler de leur expérience, de leur œuvre et des projets en cours dans le cadre d’un cycle de six conférences annuelles. Destinées en premier lieu aux étudiant.e.s du Master Ecologie des arts et des médias du laboratoire TEAMeD de l’Université Paris 8, département arts plastiques, elles sont publiques, gratuites et ouvertes à tou.te.s.

Ce séminaire explore des liens qu’entretiennent les sciences en tant que créatrices de formes et de mondes avec les projections imaginaires qu’elles suscitent. Comment s’effectue le passage de la science à la fiction, de la recherche à la projection imaginaire ? A travers cette question sont abordées les caractéristiques des rapports rapports sciences, technologies, arts, création littéraire et sociétés, tout en envisageant des médias comme dispositifs techniques sociaux et symboliques.

Les invité.e.s des années précédentes étaient David Guez, Hortense Gaultier, Ewen Chardronnet, Magali Daniaux et Cédric Pigot, Dominique Gonin-Peysson, Annick Bureaud, Lia Giraud, Joachim Montessuis, Raphaële Bidault-Waddington, Valentina Peri, Cécile beau, Gaël Segalen.

D’octobre 2020 à mars 2021, les intervenant.e.s seront Klio Krajewska, Vincent Voillat, Elise Morin, Cristina Hoffmann, Nicolas Maigret et Maria Roszkowska et Aniara Rodado.

16 mars 2021 : Aniara Rodado


Chorégraphe, artiste et chercheuse, Aniara explore la sorcellerie et les relations interspécifiques à partir du monde végétal d’un point de vue transféministe. Sa pratique chorégraphique entend aller au-delà de la danse et au-delà du corps humain, pour mieux questionner le contexte actuel de crise écologique et de fétichisation techno-scientifique, dont la tendance à standardiser les diverses formes de vie à toutes les échelles, touche aussi bien les corps, que ses alliances et ses savoirs. Ses performances, installations, textes, vidéos, pièces de danse etc, sont créés sous code ouvert et avec une préférence pour les anciennes/low technologies et le bricolage domestique.
Aniara est doctorante en sciences et arts à l’École Polytechnique.

16 février 2021 : Maria Roszkowska et Nicolas Maigret




POST GROWTH / Prototypes pour penser l'après-croissance : Quelles composantes idéologiques, sociales et biophysiques ont précipité les crises environnementales actuelles ? De quels leviers disposons-nous afin de transformer les pratiques et les imaginaires pour se défaire de la croissance continue de nos empreintes énergétiques ?
L’exposition Post Growth nous invite à questionner les discours dominants sur la croissance et le progrès, et à explorer les conséquences radicales d’un modèle économique spéculatif basé sur l’énergie émise par le Soleil. L’exposition se penche sur des perspectives de sortie d’une surexploitation des combustibles fossiles, rayonnement solaire ancestral, dont dépend aujourd’hui la reproduction de nos sociétés. La série d’œuvres présentée propose ainsi d’envisager un métabolisme social en reconnexion avec les réalités vivantes, énergétiques et matérielles de la biosphère, en s’appuyant sur l’éco-féminisme, les connaissances autochtones, la comptabilité environnementale et le matérialisme historique.
DISNOVATION.ORG est un collectif artistique et groupe de travail initié en 2012 par Nicolas Maigret et Maria Roszkowska. Au croisement entre art contemporain, recherche et hacking, ils développent des situations d’interférence, de débat et de spéculation visant à questionner les idéologies techno-positivistes dominantes et à stimuler l’émergence de récits post croissance. Leurs recherches se matérialisent sous forme d’installations, de performances, de sites web et d’évènements. Ils ont récemment édité The Pirate Book, une anthologie sur le piratage de contenus culturels. En 2018, ils ont reçu le Design Trust Grant (Hong Kong) pour une recherche sur la culture chinoise du Shanzhai.

2 février 2021 : Cristina Hoffmann



Le département de la divagation : Fondé sur la joie obstinée de créer, le département de la divagation nous invite à infiltrer poétiquement notre existence et nos définitions du monde et de nous-mêmes. A mi-chemin entre la matière analogique et la matière numérique, ce travail conjugue dessin, lecture, écriture, et nouveaux médias pour explorer le processus de saisissement et de création de formes, ainsi que la façon dont les productions s’invitent dans nos vies et dans nos espaces. Pendant cette conférence, l’artiste partagera la partie moins visible de son travail: les enjeux de fond qui l’animent, les lectures qui l’alimentent, et ses réflexions en cours. Autant de questions qu’elle aborde avec l’esprit divagatoire qui anime son travail de recherche-création.
L'œuvre de Cristina Hoffmann questionne nos perceptions, nos mémoires, nos interactions, et la façon dont on crée du sens. Par ses recherches plastiques, elle explore les dispositifs et les systèmes de réalité que nous fabriquons et avec lesquels nous vivons. Elle s’intéresse à la cognition humaine et au corps comme terrain où celle-ci se déploie, et elle interroge la technicité qui définit notre espèce. Pour ce faire, elle joue avec les écritures et les systèmes de représentation et détourne les nouvelles technologies, explorant leur potentiel formel, politique et poétique. Artiste interdisciplinaire, ses créations combinent médiums traditionnels et émergents : interfaces neuronales, robotique, électronique, dessin, écriture, installation, vidéo, actions participatives et performance. C’est dans les interstices et les interférences entre les disciplines, les langues et les cultures, qu'elle se sent le plus à l'aise. Espagnole née au Mexique, Cristina vit et travaille à Paris. Elle est Ingénieur par l’École Polytechnique de Madrid et L’École Nationale Supérieure de Techniques Avancées à Paris. Avant de se consacrer à l'art, elle commença sa carrière comme designer numérique, spécialisée dans la création de systèmes et d'interfaces permettant de nouvelles possibilités dans l'interaction homme-machine. Elle a enseigné et donné des conférences sur l’innovation, le design, l'art, la technologie et les processus créatifs. Ses dernières expositions ont eu lieu en France, Espagne et Singapour, et elle est actuellement artiste en résidence au Centre des Arts d'Enghien-les-Bains, avec le soutien de l'École Universitaire de Recherche ArTeC et de l'ANR.

24 nov 2020 Vincent Voillat


Vincent Voillat : né en 1977 à Nantua (France), Vincent Voillat est un artiste contemporain pluridisciplinaire qui vit et travaille à Ivry sur Seine. Il est représenté par la Galerie Éric Mouchet. Il enseigne comme professeur de sculpture à l’École Supérieure d’Art de de Design TALM, site de Tours, depuis 6 ans. Il collabore depuis 2005 avec le Collectif Mu en qualité de scénographe et de directeur artistique. Il programme certains évènements dans leur nouveau lieu – La Station/Gare des mines à Aubervilliers où il est en résidence cette année (2020). Il est également membre de l’institut d’Esthétique (avec Haily Grenet et Émile Degorce-Dumas) qui fut en résidence à la Manutention au Palais de Tokyo et présenté lors du Festival international de performance DO DISTURB. Vincent Voillat explore les liens qui s’opèrent entre un territoire (réel ou virtuel), les flux qui le traversent, ses habitants et leurs mémoires. Il étudie plus particulièrement le rapport entre le paysage et sa perception. Sa démarche se fonde sur le prélèvement : extractions géologiques de roches, études des strates, fouilles archéologiques ou études de végétaux... Il empreinte aussi les matériaux de ses œuvres à la culture populaire : musiques, objets trouvés, récits… Il décèle dans le paysage choisi pour ses interventions la trace des corps et en révèle l'empreinte, la persistance et leurs impressions sur la mémoire du lieu. Il réinvente par l'association, la juxtaposition ou la réinterprétation, un territoire conceptuel dont les récits, l’écriture et le texte permettent de produire les liens qui unissent ces formes hétérogènes.
http://www.voilla.tv

1 déc 2020 Elise Morin



Élise Morin : Formée à l’enseignement de l’école Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, de la Central Saint Martins College de Londres, puis de la Tokyo National University of fine arts à Tokyo, Elise Morin est née en 1978. Elle vit et travaille à Paris. Elle développe une pratique interdisciplinaire ancrée dans la pensée écologique qui interroge notre relation au visible et aux modes de coexistence. Les dispositifs de conception et de production génèrent des collaborations avec des scientifiques, des communautés locales, des ingénieurs, des musiciens, des philosophes. Le choix de lieux et de milieux spécifiques sont des composantes intrinsèques de son travail. Ils permettent d’engager une réflexion sur la relation qu’entretient la création au bien commun, sur le rôle de l’esthétique dans la compréhension d’autres perceptions d’un monde terrestre abîmé. Son engagement dans la création a été récompensé par l’attribution du prix Solomon R. Guggenheim |USA| the Best of Lab art and sustainability 2012. Elise Morin a notamment exposée en France au Centquatre, au Jeu de Paume, au Grand Palais, au Musée d’art contemporain de la ville de Bucharest, de Moscou et de la ville Tokyo.
http://elise-morin.com/