Reflexio 2020

Cycle de conférences arts sonores et sound studies proposé par Matthieu Saladin

Toute propagation du son s’accompagne d’une réflexion acoustique, dès lors que l’onde sonore rencontre une surface qui en partie l’absorbe et en partie la réfléchit.

Dérivant de ce principe, le cycle Réflexio propose une série de conférences où les paroles d’artistes, de musiciens et de chercheurs s’offrent à la réflexion partagée, dans des moments d’échange où les énoncés de chacun et chacune deviennent autant d’échos d’échos. De l’audio-naturalisme à l’occultisme sonore, en passant par l’écoute des ondes électromagnétiques, un théâtre de poche, la présence performative des actions éphémères et le détournement des instruments dans l’improvisation, ces conférences abordent quelques-unes des préoccupations qui animent, aujourd’hui, les pratiques et la recherche dans les arts sonores, les musiques expérimentales et les sound studies.

SÉANCE #2 - Marie Canet, les bourdons de la contestation - 17/11/2020

Contester la notation, c’est s’opposer aux hégémonies langagières, ré-articuler leur structures idéologiques. Il est question de contrer les formes hégémoniques de domination verbale et institutionnelle. Performer en retour l’espace, c’est le jouer en temps réel et interpréter sa logique, le défaire de ses fonctions premières et travailler la variété des échanges possibles sans que ceux-ci ne soient à priori déterminés. L’interaction environnementaliste engage ainsi une multiplicité d’échanges et de participations qui permettent de développer des capacités intellectuelles et sensuelles nouvelles, dé-hiérarchisées. C’est ainsi que fredonnent les bourdons de la contestation. Ils prennent l’ampleur d’un drone continu qui remplit toutes formes de structures institutionnelles, afin de les faire craquer.

Marie Canet est commissaire d’exposition, essayiste et critique d’art spécialisée en cultures visuelles modernes et contemporaines. Elle a publié en 2017 un ouvrage monographique au sujet de l’œuvre de Charlemagne Palestine (Les presses du réel). Elle est également l’autrice d’un essai sur le langage et les médias (Juntos en la Sierra, Shelter Press, 2018). Elle prépare actuellement une monographie sur l’œuvre de Marc Camille Chaimowicz (prévu pour 2020), ainsi qu’un essai sur la paranoïa.

SÉANCE #1 - Catherine Guesde, Chaos et ordres de la noise : à l’écoute des formes émergentes - 3/11/2020

En faisant du bruit son matériau principal, en renonçant aux principes traditionnels – rythmiques, mélodiques, harmoniques – de composition, la noise invite à repenser l’écoute. Si elle n’offre pas à l’oreille des formes immédiatement identifiables, ce pourquoi elle est souvent décrite comme chaotique, elle ne se situe pas pour autant du côté du pur informe – émergent, de manière stratifiée et souvent fragile, des motifs rythmiques ou mélodiques. Cette présentation s’intéressera aux écoutes de la noise en cherchant à voir comment elles contribuent à configurer les œuvres, en trouvant des fils d’Ariane dans la masse sonore, loin de l’idée d’un pur chaos.

Docteure en philosophie, Catherine Guesde s'intéresse à l'esthétique du metal extrême et de la noise ; elle a notamment co-écrit The Most Beautiful Ugly Sound in the World. A l'écoute de la noise avec Pauline Nadrigny (éditions Musica Falsa). Elle est membre du comité de rédaction de Volume ! La revue des musiques populaires, éditrice pour Books & Ideas (La Vie des Idées), et critique musicale chez New Noise magazine. Elle développe également des projets plus ou moins musicaux (dont Ciguë).

SÉANCE #2 - Marie Canet, Les bourdons de la contestation - 17/11/2020

Contester la notation, c’est s’opposer aux hégémonies langagières, ré-articuler leur structures idéologiques. Il est question de contrer les formes hégémoniques de domination verbale et institutionnelle. Performer en retour l’espace, c’est le jouer en temps réel et interpréter sa logique, le défaire de ses fonctions premières et travailler la variété des échanges possibles sans que ceux-ci ne soient à priori déterminés. L’interaction environnementaliste engage ainsi une multiplicité d’échanges et de participations qui permettent de développer des capacités intellectuelles et sensuelles nouvelles, dé-hiérarchisées. C’est ainsi que fredonnent les bourdons de la contestation. Ils prennent l’ampleur d’un drone continu qui remplit toutes formes de structures institutionnelles, afin de les faire craquer.

Marie Canet est commissaire d’exposition, essayiste et critique d'art spécialisée en cultures visuelles modernes et contemporaines. Elle a publié en 2017 un ouvrage monographique au sujet de l’œuvre de Charlemagne Palestine (Les presses du réel). Elle est également l’autrice d’un essai sur le langage et les médias (Juntos en la Sierra, Shelter Press, 2018). Elle prépare actuellement une monographie sur l’œuvre de Marc Camille Chaimowicz (prévu pour 2020), ainsi qu’un essai sur la paranoïa.

SÉANCE #3 - Simon Ripoll-Hurier, There is noise - 1/12/2020

À la manière d’un tour d’horizon des questions qui l’occupent dans son travail, Simon Ripoll-Hurier reviendra sur plusieurs de ses œuvres récentes ou actuellement sur le chantier. Entre 2014 et 2017, Simon Ripoll-Hurier développe Diana, une recherche qui inclut film, vidéo, performance et création radiophonique, au cours de laquelle il va à la rencontre de différentes pratiques d’écoute, qu’il met en relation. Depuis des chasseurs de fantômes dans le New Jersey jusque des birders en Alabama, en passant par des radioamateurs en Guyane française, ces amateurs développent, tous à leurs manières, des rapports avec des invisibles. Il s’agit pour eux d’émettre des signaux à destinations d’entités distantes, cachées ou occultes, et d’interpréter dans la masse des parasites et du bruit de fond les signaux faisant office de réponses. Simon Ripoll-Hurier finalise actuellement un film court sur un orchestre symphonique à Skopje (Macédoine du Nord) qui enregistre pour le cinéma, la télévision, les jeux vidéos, etc. La centaine de musiciens qui le compose vient quotidiennement interpréter les partitions de compositeurs du monde entier, qui assistent à l’enregistrement par un procédé de téléconférence. Par ailleurs, il développe avec Myriam Lefkowitz une recherche au long cours sur le remote viewing, pratique parapsychologique conçue par la CIA dans les années 1970 qui repose sur la canalisation des perceptions non-sensorielles. Le modèle de sensorialité́ que produit cette pratique met en jeu d'une manière singulière le rapport entre imagination et perception, entre « intérieur » et « extérieur ». De même, la dimension syncrétique des origines de cette pratique permet d’interroger des enjeux politiques très contemporains.

Le travail de Simon Ripoll-Hurier (1985) a été présenté dans des festivals et biennales (Visions du Réel, FIDMarseille, Bergen Assembly, Helicotrema...), dans des centres d’art (Laboratoires d’Aubervilliers, Frac Franche-Comté́, Ujazdowski Castle à Varsovie, Greylight à Bruxelles, Le Magasin...) et diffusé à la radio (France Culture, Wave Farm / WGXC...). Diplômé des Beaux-arts de Paris en 2008, Simon Ripoll-Hurier joue aussi avec Les Agamemnonz, un groupe de surf instrumental, et a cofondé́ *DUUU, une webradio d’artistes.

SÉANCE #4 - Mattin - 12/01/2020

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SÉANCE #5 - Deborah Walker - 09/02/2020

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SÉANCE #6 - Marc Baron - 16/03/2020

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About Relfexio 2020

Le cycle est dirigé par Matthieu Saladin dans le cadre du séminaire de Master « Les usages du son dans la pratique artistique ». Il est co-organisé avec Synesthésie¬ Mmaintenant, l’université Paris 8 et les Instants Chavirés.