Écologie des arts et des média | 09/2020 > 04/2021

Séance #9 : Stefano Zorzanello


Spectromorphic rhythms : A proposal of computational sound art, data sonification and sound treatment of static and non-static environments.Scientific research in the field of data sonification has led in recent years to developments and applications in the most diverse fields of science. Proposals for the use of data sonification as a research and analysis tool, aimed at the researcher and disciplinary teaching, now cover vast fields : medicine, geology, meteorology, geography, and social sciences, just to name a few. At the same time, in the context of sound art, artists and composers are increasingly interested in forms of interactive musical installation-composition, context-dependent, room-dependent, audience-dependent, environment-dependent, etc. Rather than being the creators of the single sound elements and their space-time organization, given once and for all, the artist and the composer find themselves in being makers of processes, or networks of processes, through which the sound artifact takes place and materializes itself. In my proposal, specifically through the rhythmic self-fading of the computational processes in progress, we will try to combine this practice with the declared intent to stimulate environmental awareness and active listening to the individual in the context.

Stefano Zorzanello. Compositeur, flûtiste, saxophoniste, concepteur sonore et essayiste, né à Vicence en 1969. Il a développé des activités de recherche en Australie, Portugal et Italie. Il a réalisé des documentaires audio pour la radio nationale italienne (RAI), des installations sonores pour les musées ainsi que la musique de théâtre pour des pièces dirigées par J. di Grosso et G. B. Corsetti. Ses compositions ont été jouées entre autres par Mistress, Fred Frith Guitar Quartet, Eva Kant Ensemble, Orchestra del Teatro Comunale di Bologna, Strumentisti dell’Arena di Verona. Actuellement installé à Catane, où il a fondé le SoundScape Research Group, il a commencé, ces dernières années, une activité de recherche et d’enseignement concernant les aspects sonores du paysage, la musique environnementale et l’écologie acoustique. Depuis 2013, il est président du FKL-Forum Klanglandschaft.

Séance #8 : Mathias Poisson


Plasticien et performeur ses recherches théoriques et artistiques s’articulent autour des pratiques de promenades urbaines. Auteur d’un guide touristique expérimental, dessinateur de cartes sensibles, guide de visites publiques et aventureuses, il questionne les modes de représentation de la promenade autant par l’écriture et l’image que par la performance. Il invite sous toutes les formes possibles à la marche oisive et attentive. Il propose des déambulations sensibles dans des lieux étonnants où l’expérience du visiteur est au centre de la recherche. Il a présenté récemment son travail personnel ou en cosignature (avec Anne Collod, Alain Michard, Manolie Soysouvanh ou Virginie Thomas) au centre d’art de Chamarande, à la Raffinerie de Bruxelle, à l’Atheneum à Dijon, au Centre Culturel Colombier à Rennes, à la galerie Michel Journiac à Paris et dans plusieurs festivals (Entre Cours et Jardin à Dijon, Seconde Nature à Aix-en-Provence, les Tombées de la Nuit à Rennes, Plastique Danse Flore à Versailles, Mimi à Marseille...). Il intervient régulièrement à l’école Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, à l’École Supérieure d’Art de Chalon et l’Ecole supérieure d’Art d’Aix en Provence. Mathias Poisson est diplômé de l’École Nationale supérieur de création industrielle (l’ENSCI/les Ateliers de St Sabin) et a suivi la formation en danse contemporaine EX.E.R.CE du centre Chorégraphique National de Montpellier (Mathilde Monnier).

Séance #7 : Aurélien Gamboni et Sandrine Teixido


Depuis 2011, Aurélien Gamboni et Sandrine Teixido se servent de la nouvelle d’Edgar Allan Poe, A Descent into the Maelström (1841), comme d’un outil de pensée pour interroger les récits d’adaptation aux risques environnementaux. Ils ont collecté des témoignages du sud du Brésil au nord de la Norvège, jusque sur les lieux mêmes de l’histoire de Poe, pour explorer les résonances passées et futures de ce récit. Qu’il s’agisse des inondations qui ont profondément marqué la ville de Porto Alegre depuis les années 1940, des controverses actuelles sur le développement de l’industrie pétrolière dans l’Arctique norvégien, ou du drame récent d’un affaissement de terrain meurtrier dans une favela de la région de Rio de Janeiro, l’enquête laisse entrevoir une multitude de réponses face à l’émergence de nouveaux risques environnementaux, telles qu’elles se manifestent dans les récits des personnes rencontrées. Quels sont les signes des changements à venir ? Comment s’équiper (intellectuellement, émotionnellement, politiquement) pour faire face à ce qui advient ?
Artiste basé à Genève, Aurélien Gamboni (*1979) développe une pratique artistique d’investigation. Travaillant souvent par collaboration, il réalise des enquêtes de terrain qui se déploient ensuite sous forme d’installations, de textes ou de conférences/performances.
Sandrine Teixido est artiste, anthropologue et médiatrice, spécialisée dans la musique et l’art en général. Elle enseigne au sein du master « économie sociale et solidaire » de l’université de Haute-Alsace (Mulhouse), à Centrale Supélec (sociologie), ainsi qu’à l’université de Toulouse Jean-Jaurès (anthropologie et sociologie). Elle œuvre comme médiatrice « musique » pour les Nouveaux commanditaires et au sein du programme Initiatives d’artistes pour les musiques du monde, tous deux soutenus par la Fondation de France. En 2011, elle a créé avec l’artiste suisse Aurélien Gamboni le duo "A Tale as a Tool", donnant lieu à des expositions, performances et publications en Europe, au Brésil et aux États-Unis.

Séance #6 : Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar


Initiée en 2015, « La Bibliothèque grise » est à la fois un ensemble de ressources de travail (livres, documents, objets) et le titre d’une série de productions et d’événements (éditions, films, expositions, workshops) qui ont trait aux modalités d’échange des savoirs. La catégorie des objets parlants guidera cette présentation de « La Bibliothèque grise ». Les objets dits « parlants » s’offrent à divers usages tout en véhiculant des énoncés, des récits ou des messages. Il sera question de la généalogie de ces objets, de leurs modalités de réalisation et d’utilisation, et des formes de transmission qu’ils proposent.

Depuis plusieurs années, Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar mènent en duo le projet « La Bibliothèque grise ». Parallèlement, ils poursuivent des activités individuelles, qui alimentent cette collaboration. La pratique de Laurent Sfar s’organise autour de deux axes : l’édition de livres d’artistes qui spatialisent des textes littéraires (série Ex-libris : La disparition de George Perec, Moi-même de Charles Nodier, Flatland de Edwin Abbott Abbott…) ainsi que la production d’installations en lien avec l’espace public (l’ONF Melun Sénart, la Scène Nationale de Belfort, les jardins du parc du Château de Versailles, etc.).
Le travail de Jérôme Dupeyrat s’inscrit dans le champ de la recherche, de la critique d’art et du commissariat d’exposition, et porte en particulier sur les liens entre art, édition, médias et pédagogie. Il coopère également de façon fréquente à des projets artistiques aux côtés d’artistes ou de designers graphiques : Laurence Cathala, David Coste, officeabc (Brice Domingues et Catherine Guiral) et Laurent Sfar.

Séance #5 : Mattin

With the confinement we are force to confront today’s reality and ourselves but it seems that we don’t have proper tools to do this. Our everyday experience is transforming rapidly and at the same time an increased sense of loneliness is creeping in. Our ways of communicating are becoming cold and distant. The future is uncertain and more people are looking for answers to make sense of themselves in this senseless reality. During this presentation I will talk about the connections between what I called social dissonance and the growing fascism. People engage more time online and extreme right wing groups and parties together with pro-conspiracy theories are benefiting from this. If there was already a very fragile liberal consensus, now this is crumbling. The desecration of individual experience comes now with a vengeance, a return to sacred values and simple answers for lost individuals to feel whole again and to have for a moment, a coherent understanding of the present and a horizon for the future.

Mattin is an artist from Bilbao –living in Berlin– working with noise and improvisation. His work seeks to address the social and economic structures of experimental sonic artistic production through live performance, recordings and writing. Using a conceptual approach, he aims to question the nature and parameters of improvisation, specifically the relationship between the idea of »freedom » and constant innovation that it traditionally implies, and the established conventions of improvisation as a genre. Mattin considers improvisation not only as an interaction between performers and instruments, but as a situation involving all the elements that constitute a concert situation, including the audience and the social and architectural space. He tries to expose the stereotypical relation between active performer and passive audience, producing a sense of strangeness and alienation that disturbs this relationship. In 2017 he completed a PhD at the University of the Basque Country under the supervision of Ray Brassier. Along with Anthony Iles they edited the book Noise & Capitalism in 2009. In 2012 CAC Brétigny and Tuamaturgia published Unconsitituted Praxis, a book collecting his writing plus interviews and reviews from performances that he has been part of. Both books are available online. Urbanomic will publish soon his book Social Dissonance. Mattin took part in documenta14 in Athens and Kassel in 2017. http://mattin.org

Séance #4 : Thierry Boutonnier

Depuis plus de 10 ans, Thierry Boutonnier expérimente des pépinières urbaines avec des habitants (humains et non-humain). À travers ces sculptures sociales (J. Beuys), des collectifs se complexifient et s’étendent dans une pratique branchante (B. Latour, E. Khon, T. Morton). “Avec les Œuvres participatives, vivantes et pérennes comme « Prenez racines ! » , Eau de rose, Appel d’air ou Recherche forêt, nous tentons d’expérimenter la puissance du monde végétal qui structure des dynamiques collectives pour renégocier un usage du foncier plus ou moins urbain dans la Terre. La co-construction ne se planifie pas sur la base d’un dessin rigide, elle involue dans les creux de la recherche et la rugosité des terrains grâce à l’agilité d’un dessein commun. Co-évoluer avec « la pépinière » induit de faire l’ouvrage avec des présences et dans des durées mêlées. Durant un exposé à la faculté de ce copain chevelu, à travers des traces, nous essaierons de sentir les mycorhizes avec la langue dans nos palais. Avec les jeunes arbres, fleurs, leurs itérations et agents multiscalaires, embrassons nos habitats et peut-être, deviendrons-nous urbain avec les non-humains. ”
http://www.domestication.eu

Séance #3 : Florent Tillon

Né en Nouvelle-Calédonie, Florent Tillon est réalisateur et vit à Tarnac. En 2007, il réalise son premier film, « L’observatoire », en observant l’intérieur d’un immeuble de bureau de Saint Ouen depuis sa propre fenêtre, tel un espion (film disponible sur son site). Il autoproduit ensuite un documentaire de moyen-métrage « Rond point de la Porte Maillot » à propos d’une colonie de lapins coincée sur un rond-point. Ce documentaire attire l’attention du producteur Pierre-Emmanuel Fleurantin et trouve la structure financière pour le projet de long métrage sur la ville de Detroit : « Detroit Ville Sauvage ». Avant de le tourner en été 2009, Florent Tillon réalisa un court documentaire à propos de la crise immobilière en Espagne : « Gran Scala, le dernier western ». En 2014, il réalise son dernier docu-fiction « Las Vegas Méditation ».
https://vimeo.com/user930546

Séance #2 : Adrianna Wallis


image : Adrianna Wallis, Les lettres ordinaires, 2020

Adrianna Wallis est plasticienne et s’intéresse aux sentiments qui nous traversent. Elle travaille à partir d'histoires ordinaires, du quotidien, qui lui sont racontées ou contenues dans des objets. Par des manipulations et des mises en scène simples, elle crée des formes ou des dispositifs qui amplifient certains fragments du réel pour les faire résonner avec l'intimité des spectateurs. Née en 1981 et diplômée de l’école des Beaux Arts de Barcelone, Adrianna Wallis est aujourd’hui installée dans le Vercors. Elle a exposé dans de nombreuses institutions en Espagne (Galerie Carles Taché, La Panera, Sala d’Art Jove) et en France (Galerie Maubert, Parcours Saint-Germain, Biennale de Lyon, le Magasin). Son exposition Les lettres ordinaires est visible jusqu’au 13 décembre au Musée des Archives nationales, dans le Marais.
https://adriannawallis.com/

Séance #1 : Lauren Huret, Le fantôme dans l’ordinateur


image : Lauren Huret, Prophecies of the Noosphere, vidéo, boucle de 2 minutes, collection FCAC Genève, 2019

Lauren Huret (née en 1984, Paris, vit à Genève, Suisse) est artiste. Son travail visuel ainsi que ses recherches, composés principalement de vidéos, d’installations et de performances, essaient de mettre en lumière les dynamismes de croyance et d’adhésion produits par nos dispositifs techniques et médiatiques. Son travail a été montré, entre autres, à la Kunsthaus Langenthal, à la galerie Hard Hat à Genève, à la Panacée à Montpellier, au Copenhagen Contemporary, au Centre d’art contemporain de Genève, au Centre Culturel Suisse de Paris, à la Haus der Elektronischen Kunste de Bâle, au Jeu de Paume à Paris. Ses performances ont été montrées lors du prix Suisse pour la performance au Kunstmuseum de Lucerne, au Schinkel Pavillon de Berlin, au théâtre de l’Usine Genève, au festival Les Urbaines à l’Arsenic à Lausanne, pour l’organisation internationale ICRC en Turquie et à Londres. Elle a publié à ce jour cinq ouvrages dont « Artificial fear, Intelligence of Death », éd. Link, co-pub. Kunsthaus Langenthal, Avril 2016 ; « L’âge des techniciens », avec Pacôme Thiellement, éd. Clinamen, Juin 2017 et « Praying for my haters », éd. CCS Paris, Février 2019.
http://www.laurenhuret.com